Le conte des milles et une coches (ou pas)

L'histoire que je vais vous conter se passe loin, très loin de notre chère France. C'était un jour de septembre 2005, le 16 plus précisément. Nous étions alors en Syrie de l'est au bord de l'Euphrate (« on est en Inde ici » dirait le Lieutenant Liger), à quelques dizaines de Km de l'Irak, que nous remontions depuis Deir el Zor et sa mythique zone humide de Muhaymideh. Tout avait bien commencé ce matin la. L'Euphrate s'avérait être un formidable couloir de migration et ce n'était pas les piafs qui manquaient. Nous avions décidé de faire halte en milieu de journée dans des ruines romaines au bord du fleuve, à Hallabbieh.

 

Ruines romaine d'Hallabbieh, en ce jour du 16 septembre 2006. Super spot à Perdrix Si-si qui disaient...

 

Cet endroit ne fut pas choisi au hasard. Des anciens explorateurs avaient signalé la présence de Perdrix Si-Si (ou de Hey, je ne sais jamais) au niveau des ruines. Bien qu'étant une espèce aux moeurs crépusculaires, nous décidâmes de la rechercher à midi, sous un soleil de plomb. Sans surprise cette tentative désespérée s'avéra être un échec cuisant (c'est le cas de le dire). Fort heureusement, cette halte nous permis d'observer quelques espèces fort sympathiques : Pie-grièche du Turkestan, Pie-grièche isabelle arenarius/isabellinus, Traquet pie, ainsi qu'un passage remarqué de Milan noir et de Buse des Steppes…

Après une inspection minutieuse de la moindre caillasse, nous rejoignons notre véhicule garé à proximité de l'eau. Le coffre était ouvert, Baïkal changeait de chaussure, Agnès buvait et votre serviteur était affalé sur le siège avant. Alex était la aussi, debout, impassible. Le calme régnait, pas un chat à l'horizon, pas un bruit. Ce même silence lourd avant l'assaut. On sentait que quelque chose pouvait se produire, mais personne n'y songeait. Personne sauf Alex. Soudain, il se raidit, ses poignets saisirent brusquement sur jumelles tendues autour de son coup. Personne n'y prêta attention. C'est alors qu'Alex dans sa lancée, coura comme jamais personne ne l'avait vu courir, à grande enjambée en direction du Fleuve. N'ayant pas saisi le drame qui se jouait sous nos yeux, nous le rejoignirent inquiets !

 

L'Euphrate à Hallabbieh, lieu du drame...

 

C'est alors que le Lieutenant Liger, blême, nous raconta son obs : 8 oiseaux, ils étaient 8. Blanc et noir, qui lui firent penser à des avocettes mais avec une répartition différente des couleurs ; et un vol, un vol ample et lent… Il ne voulait point annoncer le verdict, voyant nos visages se décomposer au fil de la description ! Des Drômes, il avait vu des Drômes ! Le reste de la journée qui avait si bien commencé se transforma en calvaire. Nous avions beau avoir coché le Cormoran Pygmée ou la Tortue à tête de cochon (Trionix), rien n'y fit. L'Euphrate, ce n'est pas la Loire ! C'est 10 fois la Loire ! La recherche des Drôme fut vaine. Nous longeâme l'Euphrate jusqu'à la ville de Raqqa, où un restaurant au bord du fleuve nous attendait.    

 

FIN

 

Nidal, alias Nids pour les intimes ou Dark Mole.

 

Reno, au restaurant de Raqqa, quelques heures après la terrible tragédie. Pour ceux qui se marrent trop, sachez qu'un Cratérope d'Irak chantait juste derrière, qu'on l'entendait depuis la terasse et qu'on en avait rien à foutre car on avait déjà la coche !

Votre serviteur, totalement anéanti comme son frère d'arme. Band of Brothers disaient-ils...



06/08/2007
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